Info

Micro observatoire de la beauté, à la rencontre des grâces, des émerveillements et des joies toutes simples de la vie. Art de la maison, Création contemporaine, Esprit monacal, Design écologique, DIY, Artisanat d'art, Illustration.

 

Deuil National - Ecce Amor

Donne-leur, Seigneur, le repos éternel
Que brille sur eux la lumière de ta face
Et qu’ils reposent en paix. Amen

Dessin réalisé par mon neveu, petit bonhomme de 8 ans. Bien que mes mots soient très balbutiants dans une telle circonstance, je vous propose aussi une petite réflexion. Juste ici, si vous le souhaitez :

Que sont-ils devenus, ceux que nous pleurons ? Que se passe-t-il après la mort ? Que dit l’Eglise sur l’au-delà ?

Face à la mort effroyable de ces innocents, nous sommes renvoyés de façon inéluctable, à notre propre fin. Ces jeunes gens ont perdu leur vie, leur corps, dans des circonstances sanglantes et très cruelles, et cette réalité est profondément angoissante pour nous car notre corps fait fondamentalement partie de notre être. Le retour au néant nous apparaît à juste titre comme une pensée insoutenable – même pour les esprits les plus matérialistes et résignés. Sans même croire en Dieu, nous avons la perception de quelque chose d’immortel en nous, et comme le pressentiment d’une vie éternelle. L’âme désigne ce principe spirituel et immortel en nous, et à l’évidence, notre âme proteste devant l’absurdité du néant. Elle aspire à vivre au delà de la mort !

Mais si la mort nous effraie à l’extrême, même lorsque notre foi est vive, c’est parce que l’âme se sépare du corps quand survient la mort. Et nous n’avons aucune idée, aucune expérience de ce que c’est que d’être une âme privée de son corps. Nous ignorons comment notre âme peut se mouvoir, s’exprimer, subsister autrement qu’incarnée dans notre corps. Cet inconnu nous cause de la frayeur, nous bouleverse et nous paraît tellement contre nature.

Pour tous ceux qui croient en toi, Seigneur, la vie n’est pas détruite, elle est transformée ; et lorsque prend fin leur séjour sur la terre, ils ont déjà une demeure éternelle dans les cieux (Liturgie des défunts).

C’est en face de la mort que l’énigme de la condition humaine atteint son sommet, affirme l’Eglise. Bien plus encore que de son corps, l’âme dépend de Dieu. Au moment de l’irréversible rupture, au moment où nous quittons cette vie terrestre, Dieu nous appelle à sa rencontre. Nous découvrons que notre être continue d’exister, par le mystère de l’amour de la très Sainte Trinité.

Conséquence du péché des origines, la mort est contraire au dessein de notre Seigneur qui nous a créés pour le bonheur et la vie éternelle. Saisi de compassion, voulant à tout prix nous sauver, Dieu a tant aimé le monde qu’Il nous a envoyé son Fils unique et bien aimé.

Le Christ, le Fils du Dieu vivant, n’a-t-il pas pris notre nature et vécu parmi nous ? N’a-t-il pas souffert sa Passion et livré sa vie pour nous affranchir de la mort et de l’horreur du mal ? Oui, en ressuscitant d’entre les morts, le Christ a définitivement vaincu la mort. En Christ, la mort est morte. Notre salut se joue dans une acceptation libre de l’amour sauveur et rédempteur de Dieu. Comme le bon larron, comme nombre de ces victimes qui ont perdu la vie en cette nuit tragique du vendredi 13 dans l’éblouissement de leur jeunesse, nous pouvons mourir dans la paix de Dieu, même si nous ne le connaissons pas. Un seul acte d’humilité nous ouvre la route du Ciel : répondre à son appel, se jeter dans les bras qu’Il nous ouvre. De là, nous nous laisserons ardemment purifier de tout ce qui n’a pas sa place auprès Lui, le très Saint, le très Haut.

De même que le Christ est ressuscité et vit pour toujours, de même, incorporés à Lui, vivant de sa vie, admis dans la société des saints, nous ressusciterons, chacun, au dernier jour, au jour de la Parousie. Notre corps glorifié, devenu incorruptible, saint et resplendissant, ne connaîtra plus jamais la mort, ni la dégradation.

Mon enfantement approche (…). Laissez-moi recevoir la pure lumière ; quand je serai arrivé là, je serai un homme (Saint Ignace d’Antioche).

Cette réalité de la mort confère une urgence à nos vies : notre fragilité et notre mortalité nous rappellent que nous ne disposons que d’un temps très limité pour accomplir notre vie, et cultiver tout ce que nous avons de beau et de bon en nous pour l’offrir au monde. Au soir de notre vie, nous serons jugés sur l’amour. L’amour sera notre ultime mesure.

Aimons-nous encore plus fort, travaillons encore plus intensément à créer de la beauté, de la bonté, à tisser des liens d’amour autour de nous, à servir nos frères, quelques soient leurs croyances ou non croyance. N’est-ce pas la réponse la plus éclatante que nous pouvons donner à ceux qui nous persécutent et n’ont aucun pouvoir de nous arracher à l’amour vivant de notre Créateur et Sauveur ?

Oui, se soutenir, se recueillir et prier. Paix, confiance, espérance à chacun de vous !

*

Pour aller plus loin sur ce sujet, je vous conseille l’ouvrage « A l’heure de notre mort » du Père Jean-Miguel Garrigues.

Commentaires

14 Commentaires

Post a comment
  1. Arthur #
    novembre 16, 2015

    Quel beau texte sur le passage mystérieux, que nous connaîtrons tous, de la vie à la mort et de l’espérance merveilleuse que, nous chrétiens, avons de nous retrouver face au Seigneur qui nous jugera à l’aune de l’amour que nous Lui aurons porté et que nous aurons porté aux autres. Face à la barbarie nous nous sentons tellement impuissants et tellement démunis. Pour lutter contre elle, la prière et la recherche inlassable de la paix sont probablement les seules réponses que nous pouvons apporter qui ne soient pas mortifères.

    Aimé par 1 personne

    • novembre 17, 2015

      Un grand Merci de votre beau message, Arthur. La mort est tel mystère pour nous, en effet. Pourtant, malgré la peur qu’elle suscite, une ferme assurance peut nous saisir lorsque nous pensons que Dieu en son Fils a accepté Lui-même de la subir pour en triompher. Auprès de chacun de ceux qui sont tombés sous les balles, le Christ crucifié était présent. Nous croyons dans la foi que tous ont entendu l’appel de leur Seigneur. Une homélie ancienne lue traditionnellement le Samedi Saint évoque ce grand passage par des mots particulièrement apaisants et vivifiants : Réveille-toi, ô toi qui dors, et le Christ t’illuminera. Oui, puissent nos défunts reposer en paix et, par leur intercession, nous aider à rechercher inlassablement l’amour et la paix ici-bas.

      J'aime

  2. JMT #
    novembre 17, 2015

    Merci !

    Aimé par 1 personne

    • novembre 17, 2015

      C’est moi qui vous remercie de votre encouragement Jean-Michel ! 🙂 Restons unis dans la confiance, l’entraide et la prière !

      J'aime

  3. novembre 17, 2015

    En ces moments d’horreur, la prière est mon seul moyen d’accepter la disparition de tous ces jeunes gens partis rejoindre Alexandre beaucoup trop tôt.
    Tous ensemble vivons dans la paix.
    Bises

    Aimé par 1 personne

    • novembre 17, 2015

      Je pense fort à vous chère Dominique. Quelle violente réactivation pour vous. Puisse la Vierge Marie, dans le mystère de la descente du Christ en Croix, vous réconforter et vous consoler, en s’associant intimement à votre douleur et à celle de toutes ces mamans qui pleurent leur enfants.
      En prière avec vous, et avec Alexandre, dans la communion des saints.

      J'aime

  4. novembre 18, 2015

    Merci ma soeur pour ce beau texte plein d’Espérance ! Pour moi, c’est au coeur des rêves que nous « expérimentons » ce que sera notre âme délivrée de son corps si pesant parfois. En rêve, on se sent pousser des ailes ! Comme si le Seigneur voulait nous donner un avant-goût, certes encore bien nébuleux, de notre futur état. C’est souvent si bienfaisant : qui n’a pas ressenti un jour (ou une nuit !) l’envie de retourner dans un rêve, là où on se sent si bien, si léger, si paisible ? Je pense aussi aux personnes ayant fait des Expériences de Mort Imminente, elles parlent toutes d’un sentiment d’Amour et de bonheur indicibles ! En attendant, il nous faut vivre avec courage et persévérance. Chaque jour. Ce n’est pas toujours facile. « Aimons-nous encore plus fort », vous avez raison. Quand le Seigneur nous demandera : « Qu’as-tu fait de ton frère ? Comment as-tu aimé ? », que nous puissions répondre le plus humblement possible que nous avons vraiment fait de notre mieux… En union de prières pour la Paix dans notre monde si souffrant. Marie-Jo

    Aimé par 1 personne

    • novembre 18, 2015

      Un grand merci de ce beau partage Marie-Jo, bienvenue à vous ! Les rêves ont une place importante dans la bible, c’est à travers des songes que Saint Joseph saisit les avertissements et inspirations que Dieu lui envoie. Les grands rêves porteurs d’une intuition divine sont généralement très rares pour la plupart d’entre nous, mais il est vrai que le Seigneur peut nous consoler lorsque vous dormons (« Dieu comble son bien aimé quand il dort » Ps 126). En ces temps si douloureux, nous pouvons aussi trouver un grand réconfort dans les prières liturgiques dédiées aux défunts. Je pense notamment à la très belle litanie pour les défunts où nous invoquons la Sainte Trinité, la Vierge Marie, les Anges, les esprits bienheureux, saint Joseph, les saints patriarches de l’ancien Testament, les saints Apôtres et évangélistes, les saints martyrs, tous les saints et les saintes de Dieu, le doux nom de Jésus, le précieux Sang de Jésus… En ce moment même, le Ciel entier prie et intercède instamment pour les mourants et les familles dans la douleur, et pour nous tous. Votre conclusion exprime très bien tout l’enjeu de notre vie ! En communion de prière avec vous. Amitiés. 🙂

      J'aime

  5. novembre 18, 2015

    Merci beaucoup, chère Nathalie, pour votre si beau message qui exprime si clairement la réflexion de l’Eglise face à ces événements tragiques. Comme notre confiance doit en effet être intacte envers la miséricorde du Seigneur, ouverte à tout homme de bonne volonté qui sait s’ouvrir à l’amour universel ! Comme cette vie, parfois si fragile, est en même temps si précieuse, qui nous permet de nous ouvrir peu à peu à la Présence, par tous nos actes de beauté dans la bonté ! Croyants ou incroyants, une communion est possible dans l’Amour, qui dépasse les frontières de la mort, dont nous a affranchis le Christ. En union de prière avec vous pour tous ceux qui ont eu et ont tellement à souffrir dans ces circonstances !

    Aimé par 1 personne

    • novembre 18, 2015

      Merci beaucoup, chère Kristel, de vos encouragements toujours si réconfortants. Face à l’ultra violence et la barbarie dont le Christ Lui-même a souffert jusqu’à la mort, il est bon en effet de proclamer notre kérygme, l’annonce fondamentale de notre foi : « Jésus Christ, Fils de Dieu, crucifié et ressuscité par amour pour les hommes, est sauveur du monde ». Dans la peine et la douleur, l’Eglise qui est son Corps mystique, prie avec tendresse et confiance pour ceux qui ont été injustement arrachés à cette vie. Eclairée sur l’effroyable possibilité de la damnation, Elle prie aussi pour les criminels qui ont semé la terreur et la mort. Elle espère que ces âmes très gravement abimées puissent reconnaître la Seigneurie du Christ qui s’est offert en sacrifice pour tous les hommes. Miséricorde et justice divine sont indissociables, et Dieu seul connait le fond des coeurs. Prions pour les familles qui pleurent, prions pour ceux qui se dévouent à leurs côtés, prions pour ceux qui assurent notre sécurité, prions pour l’unité et la paix entre tous, croyants de toute confession et non croyants. Ce que vous exprimez est très beau : la charité entre tous est notre ciment. 🙂

      Aimé par 1 personne

  6. novembre 18, 2015

    Merci beaucoup, Nathalie, pour cette nouvelle page de ton blog. C’est toujours un plaisir de te lire et de contempler les jolies photos qui viennent accompagner tes paroles.
    Prions pour toutes les victimes des attentats, mais aussi pour toutes ces personnes qui se laissent embrigader dans le djihadisme,,;
    Bonne fin de semaine et, avec quelques jours d’avance, belle fête du Christ Roi de l’univers !

    Charlotte

    Aimé par 1 personne

    • novembre 18, 2015

      Merci Charlotte, je suis si contente de te lire ! Ce que tu ajoutes est très juste, oui, prions avec force pour ceux qui se laissent embrigader. Parmi ces terroristes, il y a avait de très jeunes hommes, victimes de leur pulsions meurtrières, mais victimes aussi de ceux qui les ont enrôlés pour en faire des machines à tuer. On pressent combien la désespérance de soi et le sentiment de ne compter pour personne peuvent être grands pour tomber dans ce piège infernal.
      Que cette douloureuse épreuve pour notre pays nous donne d’attendre avec ferveur la douce lumière de l’Avent ! Je transmettrai ton joli compliment à mon neveu qui a illustré cet article. Bonne Fête du Christ Roi ! 🙂

      J'aime

  7. porte plume #
    novembre 24, 2015

    Quel beau dessin de votre petit neveu.
    Un dessin évite bien des mots et laisse parler le coeur d’un enfant c’est vrai…
    En UDP Pour eux, et ceux qui restent… sans oublier les attentats à travers le monde (notamment où vivent mes parents).

    Aimé par 1 personne

    • novembre 25, 2015

      En union de prière avec vous Porte-Plume, tout spécialement à l’intention de vos parents ! Merci beaucoup pour mon neveu. Je vous rejoins, les enfants ont bien souvent la grâce d’exprimer par le dessin ou le modelage des émotions très profondes avec une simplicité et une fraicheur inégalables. 🙂

      J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Basic HTML is allowed. Your email address will not be published.

Subscribe to this comment feed via RSS