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Posts tagged Croissance spirituelle

 

 

Faute de temps, je vous avais adressé mes vœux via l’Instagram et le blog de ma carterie Minty Hours, mais ce petit blog spirituel est un espace que j’aime mettre à jour régulièrement. J’avais hâte de revenir !

Et comme mon retour coïncide avec notre entrée en Carême, je vous partage 10 petits points de progression possibles pour ce chemin à la suite de notre Seigneur Jésus Christ. Le plus souvent, nous luttons pour rester fidèle à la ligne que nous nous sommes fixée le Mercredi des Cendres, les évènements du quotidien pouvant facilement nous bousculer et nous faire perdre notre élan initial. Choisir un point par semaine par exemple et s’y tenir, voire en ajouter un de plus chaque semaine, représentent déjà un beau programme. Les changements durables se font généralement en douceur.

Je vous livre ces petites pistes en vrac, sans ordre d’importance.

 

  • Un Carême écologique

Dans notre hémisphère, le Carême commence toujours à un moment de l’année où nous sommes en attente du renouveau du printemps. C’est une belle image pour nous qui nous apprêtons à suivre les pas du Christ jusqu’au jardin de la Résurrection. Nous aspirons à ce renouveau dans l’intime de notre cœur, comme au dehors. Notre Pape François nous propose un Carême inspiré de son encyclique Laudato Si’. Comment consommer de façon plus sobre et plus respectueuse ? Cela passe, entre autres, par de petits détails de bon sens dans la gestion de nos courses et de nos menus, pour éviter le gaspillage. Le Carême est le temps le plus propice de l’année pour interroger notre peur de manquer…. Et nous rendre compte que nous n’avons pas besoin de tant de choses dans notre univers domestique. C’est aussi un temps idéal pour nos grands nettoyages et tris de printemps qui nous permettent de ventiler nos maisons, de donner vêtements, objets ou meubles en bel état, dans une démarche solidaire.

 

  • Un Carême axé sur l’offrande

Le mot « privation » est employé dans certaines prières liturgiques du Carême. Qu’est-ce que cela signifie ? Nous est-il recommandé de nous priver de ce que nous aimons habituellement consommer ?

En fait, l’Église ne nous demande de jeûner que 2 fois dans l’année, le mercredi des Cendres et le Vendredi Saint (sauf si notre âge ou notre état de santé ne le permet pas), ce qui est sensiblement peu. Ces deux jours nous aident à orienter nos multiples faims et soifs vers le désir d’être tout au Seigneur et de nous mettre à l’écoute de sa Parole. Nous sommes également appelés à la sobriété chaque vendredi de carême, pour nous unir plus étroitement au Christ dans sa Passion.

Mais nous sommes aussi invités à considérer nos petites addictions ou excès coutumiers (téléphone, Internet, sucreries etc.). Certains d’entre nous savent naturellement user de ces biens de consommation avec sagesse. Mais ce n’est pas la voie commune ; et c’est pourquoi beaucoup d’entre nous ressentent le besoin de se restructurer durant le Carême en s’imposant quelques limites. Dans tous les cas, si nous décidons de nous baliser à l’égard d’une chose à laquelle nous sommes un peu trop attachés, le petit plus est de penser à offrir – comme un mini cadeau – la sensation de manque qui peut surgir dès qu’elle apparaît. La simple formulation : « Jésus je t’offre ça », transforme l’effort en un dialogue de quelques mots avec le Seigneur, et ces mots représentent véritablement une prière d’amour. Notre jeûne nous replace dans un échange spirituel, et ça change tout !

 

  • Un Carême centré sur l’attention à la Présence réelle du Seigneur

Durant ce Carême, nous pouvons décider de chercher à vénérer avec un plus grand amour le Corps et le Sang du Seigneur. Au moment où nous recevons l’Eucharistie, il arrive souvent qu’un chant de communion prenne immédiatement le relais, mais la liturgie prévoit un temps de silence après. Le Carême peut être l’occasion de nous rendre attentif à ce petit temps, pour nous adresser intérieurement à Jésus, et le remercier pour ce grand miracle de Son Âme, Son Corps et son Sang offerts et vivants en nous. Et dans ce même mouvement, nous pourrons essayer de vivre nos Adorations ou nos confessions dans cet esprit de louange et d’attention profonde à la Présence réelle.

 

  • Un Carême de bienveillance

La Parole du Seigneur est bien sûr centrale pour avancer, et la nôtre est… à éduquer ! Nous savons combien il est tentant de trop parler – de tout, ou de soi – et combien une bêtise ou un mot de trop peuvent vite nous échapper. Comment convertir cette propension ? Sans doute en nous entraînant à mieux écouter, à regarder positivement les situations qui nous sont présentées dans une discussion, ou simplement en nous souvenant qu’un sourire et un gentil mot sont généralement la petite clé de la sérénité de nos conversations courantes. La bienveillance est une décision, ce n’est pas un trait inné.

 

  • Un Carême de conversion du regard

Nous pouvons profiter de ce temps de croissance humaine et spirituel pour nous exercer à accepter l’autre (proche ou moins proche) tel qu’il, comme il est, là où il en est. L’enjeu concerne notre tendance au jugement. Beaucoup de petits conflits courants en famille, au travail ou en société reposent sur une méconnaissance du fonctionnement de l’autre. Notre façon d’aider et de prendre soin de l’autre sont intrinsèquement liés à notre personnalité, et à nos fonctions cognitives les plus utilisées. Une personne cérébrale n’aura pas la même approche qu’une personne affective, une personne intuitive, ou une personne dotée d’un tempérament d’action. Aucun tempérament n’est meilleur, chacun recèle ses forces, ses trésors, et ses faiblesses. Nous sommes chacun appelés à progresser dans le don de nous-mêmes, et l’expression de ce don épouse nos talents naturels. En changeant de perspectives, au lieu de juger l’autre d’après notre propre manière d’agir et réagir, nous gagnerons beaucoup à observer la richesse de nos complémentarités, et à bénir chacun de ceux que nous côtoyons pour son apport particulier au monde et sa façon unique de contribuer au bien commun.

 

  • Un Carême de compassion et de fraternité

Si vous habitez à proximité ou dans une grande ville, notamment à Paris, légions sont les trajets durant lesquels vous êtes sollicités pour quelques pièces. Comment et quoi donner, quand tant de mains se tendent vers nous ?

Les Associations d’entraide solidaire préfèrent – à raison – que nous fassions un vrai don vers elles, plutôt que de semer des piécettes, car elles ont de réelles compétences pour aider et remettre debout les personnes sans ressources. Mais de notre côté, il nous est difficile de passer devant les personnes de la rue sans geste concret, notre conscience crie. Un simple sourire réconforte mais ne sustente pas. La réponse médiane, sans doute la plus adaptée, est de donner aux Associations, tout en ayant toujours sur soi des petits papiers (au format carte de visite) indiquant bien clairement des adresses locales de service de repas chauds, vestiaires, douches, permanences d’entraide et d’écoute, avec les heures d’ouverture et fermeture (en veillant bien aux mises à jour de ces petits papiers). Cela permet, en plus de notre sourire, d’offrir concrètement quelque chose à ces personnes, d’échanger quelques instants avec elles, et d’ajouter une aumône quand l’une ou l’autre a faim.

 

  • Un Carême de cheminement vers un pardon

Lorsque nous avons été blessés par quelqu’un (il n’est pas question ici de blessures graves et terribles), nous expérimentons bien souvent que le ressentiment ou la colère peuvent jaillir instantanément, pour peu que nous pensions au préjudice subi. À moins d’être doté d’un tempérament apte à passer rapidement l’éponge, nous savons que le pardon demande souvent du temps. En revanche, nous pouvons choisir de ne pas dérouler notre pensée, lorsqu’elle s’arrête de nouveau sur les paroles ou les actes qui nous ont fait du mal. N’hésitons pas à invoquer le secours de l’Esprit Saint dans cette lutte, il saura bien mieux que nous stopper le probable énervement qui peut monter. Dans ces moments-là, il est bon de nous souvenir que la miséricorde ne balaie pas la justice. Notre pardon n’est pas un coup de gomme sur la méchanceté commise : il ne supprime en rien tout ce que l’autre aura à vivre pour se convertir ou se corriger. Le Seigneur est toujours du côté du pauvre, de l’opprimé ou du moqué, Il déteste les malveillances. Nous savons bien nous-mêmes par quelles tribulations il nous faut passer lorsque quelque chose est à redresser en nous.

 

  • Un Carême de confiance en vue d’une vertu désirée

Il n’est pas rare que nous butions sur un péché ou un défaut qui revient toujours en confession, sorte de talon d’Achille contre lequel il nous semble vraiment difficile de lutter. Ce type d’ancrage résiste à nos pauvres efforts. Nous sentons bien qu’il nous faudrait « l’ascenseur » dont parle la petite Thérèse – les Bras de Jésus – pour opérer le déplacement voulu, manifestement inopérable par nos propres forces. Nous pouvons bien sûr demander l’impossible à Dieu, mais plus modestement, nous confier à sa miséricorde et solliciter un vrai progrès, à travers une demande de grâce bien précise, à renouveler chaque jour, dans l’espérance de ressusciter sur ce point particulier, en nous unissant au Christ dans sa montée vers Pâques. Cette remise de soi fidèle et confiante a de grandes chances de porter des fruits. Et peu importe si ce ne sont pas les fruits attendus, le Seigneur voit loin, et ses belles surprises entrent dans son plan d’amour sur nous.

 

  • Un Carême ecclésial

Chemins de croix, retraites en paroisse, démarches pénitentielles, messes de semaine, adorations eucharistiques, conférences de carême diocésaines… Toutes ces possibles offerts nous sont proposés pour nous aider à cheminer en Église, avec notre paroisse ou avec une communauté religieuse de proximité. La force de la prière communautaire est un précieux soutien dans notre marche vers Pâques. Nous cheminons ensemble !

 

  • Un Carême d’amitié avec Jésus

Ce dixième point concerne la prière, son contenu sera l’objet mon prochain post avec une petite clé pour prier tout simplement mais avec notre cœur profond. Si vous avez placé la prière au centre de votre itinéraire de Carême, gardez à l’esprit que le Seigneur aime que vous lui parliez comme à un Ami. C’est l’intimité et la confiance que nous pouvons prioritairement faire grandir dans ces temps de recueillement, quelle que soit leur durée

Saint Carême à chacun de vous !

Deux petites cartes de Carême sont disponibles en boutique, pour nos jolis envois ou tout simplement pour noter à l’intérieur les points forts de notre cheminement spirituel, sous forme de mémo. Et je vous retrouve dans peu de temps avec un aperçu des cartes et signets de communion sur lesquels je travaille activement depuis un moment !