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Blog catholique. Micro observatoire de la beauté, à la rencontre des grâces, des émerveillements et des joies toutes simples de la vie. Art de la maison, Création contemporaine, Style monacal, Design écologique, DIY, Artisanat d'art, Illustration.

Posts tagged Méthode Vittoz

 

 

Sans doute avez-vous, comme moi, observé depuis quelques années, sur le Net et dans les librairies, une floraison d’ouvrages ou d’articles sur l’art d’être heureux ?

Comme cette mouvance venue des pays du Nord, valorise les belles petites choses qui nous font du bien, le sujet rejoint par là le propos de ce blog, et tombe finalement à point en ce joli temps de l’Avent.

Décorer un sapin qui embaume le pin, se plonger dans un bon livre sous la tiédeur d’un duvet, confectionner des petits sablés de Noël en forme de lune et d’étoile, allumer les premières bougies de l’Avent… Ces moments ne sont-ils pas spontanément apaisants et ressourçants ?  Oui, bien sûr !

En Scandinavie, cette recherche authentique du bonheur est appelée Hygge (Prononcez « Houga »). Ce mot n’a pas d’équivalent dans la langue française, et les seuls termes qui pourraient s’en approcher sont les emprunts anglais « cocooning » et « cosy » bien qu’ils soient trop limitatifs pour exprimer les dimensions de convivialité, d’accueil bienveillant et chaleureux qu’implique cette démarche intérieure. Chez nos amis scandinaves, les fruits de cette philosophie sont réels, palpables, visibles : privés d’heures de soleil et de lumière par rapport à nous (la nuit tombe à 15h en hiver), les Danois se disent heureux et sont heureux de vivre !

En France, nous n’avons pas encore développé cette culture. Nos rythmes et charges de travail, nos courses dans les transports, les nombreuses tâches de l’intendance de la maison, bref le tumulte général de nos vies, tendent à nous faire oublier le poids de grâce que recèle chaque journée.

Comment y remédier concrètement ?

Pour qui croit, la première clé est assurément la prière. Que nous ayons le sentiment de savoir à peu près comment nous y prendre, ou au contraire, pas du tout, le Seigneur est toujours là pour nous. Et dans sa douceur d’amour, Il nous ouvre grand les bras : Venez à moi, vous qui ployez sous le fardeau, et vous trouverez en moi le repos .

Celui qui a fait – ou qui désire faire – l’expérience des prévenances de son amour, est simplement invité à faire ce pas de foi : croire que le sens profond de son activité humaine pourra s’éclairer et prendre forme, au moment voulu, dès lors qu’il confie au Seigneur tout le composé de ses désirs et ses projets. Dieu prend soin de nous. Il nous aime, nous guide, nous relève, nous chérit, nous purifie pour nous conduire vers le plein accomplissement de notre être. Et cette tension vers la réussite de nos projets, selon ses critères à Lui, est une source d’espérance et de bonheur.

Quand Saint Paul nous exhorte à la joie Soyez toujours joyeux, priez sans cesse, rendez grâces en toutes choses, cette injonction implique que notre joie trouve sa source dans notre union intime au Christ. Dans cette perspective, cette joie (le plus souvent spirituelle et non sensible) devient accessible au souffrant, au malade, au prisonnier, au délaissé : je suis heureux parce que je suis avec toi, Seigneur.

Pour autant, le croyant n’en a pas moins part aux petits bonheurs de cette création terrestre. Nous sommes des êtres de chair et de sang, et les petits réconforts que nous pouvons nous ménager au fil de nos journées sont importants pour notre équilibre.

Le bon sens danois nous propose justement de rééquilibrer nos agendas surchargés, par un remède très concret consistant à se réserver des petites plages de temps, dans la visée de savourer l’instant présent.

Qu’il s’agisse de déguster avec des amis une part d’un fondant fait maison, de se délasser dans un bain aux essences de citron, de passer un petit moment seul à boire un thé chaud devant une colonie de petits lumignons scintillants, de se réjouir de l’harmonie d’une pièce après l’avoir rangée et lessivée ou du jardin après l’avoir vigoureusement ratissé, nous pouvons trouver bien des occasions d’éprouver des joies sensibles et prendre le temps d’en ressentir le bienfait. Tout cela est simple et bon, comme un déjeuner de poisson grillé sur une rive, au bord d’un lac. Le Seigneur nous enseigne aussi cet art, Lui qui vient s’inviter chez nous et prendre notre nature. Comment pourrions-nous nous émerveiller de Son incarnation, sans nous réjouir de la nôtre, appelée à être glorifiée par la Sienne !

 

Ces moments si petits et insignifiants qu’ils puissent paraître ou durer, ouvrent une dimension précieuse, me donnant de vivre non plus dans le temps effréné de mon agenda, mais dans le temps de la rencontre, du moment favorable, dans le temps de Dieu. C’est l’instant présent, où je peux prendre conscience de l’incroyable chance que j’ai d’exister et d‘être là, dans un cadre apaisant où je me sens heureux de vivre, relié à ceux que j’aime, qu’ils soient présents ou non.

À l’heure où les réseaux sociaux ont de plus en plus d’influence sur nos vies, où nous risquons, via les likes, de profiter davantage de la photo du bon moment que nous postons plutôt que du bon moment en question, ces petits moments peuvent même devenir curatifs.

Cet art de vivre participe aussi à produire des effets positifs sur notre santé : au cœur de ces petites oasis que nous nous ménageons, nous privilégions généralement la sensation, la perception pure, par l’activité de nos sens humains (qu’il nous suffise d’éplucher une orange et tous nos sens sont sollicités jusqu’au petit bruit de l’écorce que l’on arrache), tout en laissant un peu au repos notre cerveau raisonnant.

Cet état de réceptivité, d’accueil, et de calme intérieur est au fond un moyen tout simple et efficace de se détendre, d’apprendre à être présent à soi et au monde, et d’apprécier ce que l’on est en train de vivre. Nous retrouvons quelque chose de très similaire dans la méthode Vittoz* qui éduque à l’accueil, sans jugement ni tension, de l’instant présent, dans l’optique de procurer de façon naturelle, repos et ressource au système cérébral.

L’accueil est en effet une dimension essentielle de cette tension légitime vers le bonheur ; il ne s’arrête pas à l’accueil du bon moment qu’il m’est donné de vivre maintenant, il s’ouvre plus largement à l’accueil de l’autre : l’autre, tel qu’il est, qu’il ait un caractère agréable ou pas, pour me donner de vivre avec lui, ne serait-ce qu’un petit quart d’heure, un moment léger, fluide, gratuit et heureux, un convivium dont chacun sortira avec le sourire !

En creusant un peu, nous découvrons combien cette démarche est loin d’être une simple échappatoire.  Elle se propose au contraire comme une petite auto-régulation qui aide à prendre fidèlement soin de soi, et qui nous donne d’accueillir nos tribulations avec davantage de sérénité, de confiance et de force physique !

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A tous et à chacun, un très bel Avent !

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* La méthode Vittoz : méthode rééducative visant à rétablir l’équilibre cérébral au moyen d’exercices simples et pratiques. C’est une proposition respectueuse du fonctionnement humain et tout à fait compatible avec la foi chrétienne. Des formations existent à ce titre dans certains monastères et centres diocésains de France.