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Le 25 août 1941, Adrienne von Speyr, au cours d’une nuit de douleur, voit en vision la petite Thérèse, pour la première fois.

Thérèse apparaît « dans le sillage du Seigneur et de Marie. Simple présence, sans un mot, au beau milieu d’une nuit de souffrances.
le Journal commence comme ceci :

“Cette nuit, fortes douleurs. Et au beau milieu, une si grande grâce, une telle plénitude d’amour qu’il lui semble que tout son être n’est plus qu’adoration. Dans le feu de l’amour, elle veut se lever pour se mettre à genoux. Tout d’un coup le Seigneur est là à côté d’elle…” Aussitôt après, Marie se met à côté du Seigneur. Le Seigneur disparaît, Marie reste… et dit : “Pauvre petite”. Puis elle disparaît à son tour. A l’arrière-plan, pour la première fois visible, la petite Thérèse. “Elle avait quelque chose d’infiniment enfant, candide, sereine”.

Vision d’Adrienne von Speyr, Le 25 août 1941 (N° 158)

 

Cette belle vision nous parle avant tout, et de façon touchante, de la communauté des saints du Ciel qui œuvre en notre faveur par leur prière et leur discrète présence. Et elle nous parle aussi de leur beauté unique, en particulier celle de Thérèse. Au Ciel, nous garderons notre identité profonde !

*

Mais que cette image consolante ne creuse aucun écart entre nous et ceux qui ont l’insigne honneur de voir de leur yeux ou par les yeux de leur âme, la Vierge Marie, le Seigneur-Lui-même, ou un Bienheureux tel que Sainte Thérèse. La sainteté n’est aucunement réservée aux mystiques. Nombre de mystiques ne seront d’ailleurs jamais béatifiés.

Parlons plus précisément de tous ceux qui aspirent à la sainteté ordinaire. Cette sainteté qui ne voit rien, ne ressent rien, n’entend rien d’extraordinaire. Cette sainteté chère au cœur du Saint-Père.

Parlons de l’immense majorité d’entre nous, qui peinons à la suite de Jésus.

La réalité la plus commune, c’est que nous marchons très, très lentement.

Avec beaucoup d’hésitations, de retours en arrière, de petits pas en avant, sans rien voir, ni rien sentir.

Et tout est si petit, si limité.

Faible, imparfait, engourdi.

Notre prière peut se faire souvent balbutiante, égarée dans les blancs des marges d’une page blanche, alors que nous avons tant de choses à confier à notre Seigneur.

Notre désir de Dieu, notre connaissance de Dieu, notre aspiration vers Dieu s’avèrent souvent bien pauvres et confus, tant nous sommes accaparés par le flot des activités et devoirs de ce réel immédiat qui est le nôtre.

Face à ce constat sans appel, nous pourrions être tentés de baisser les bras. Et renoncer à lever les yeux si haut. Comment un projet de sainteté pourrait-il prendre racine dans ce limon-là ?

Si nous en sommes-là, alors bienheureux sommes-nous.

Parce que tout devient possible, justement.

Il y a en nous une image surévaluée de nous que l’on appelle idéal du moi et qui travaille en arrière-plan dans un petit coin de notre tête, c’est le « moi en mieux » inatteignable qu’il serait tellement formidable d’atteindre un jour.

C’est en acceptant pleinement notre petitesse, et en abandonnant cet impossible idéal entre les mains de notre Sauveur, qu’un vrai beau travail, totalement imparfait mais réellement agissant, peut s’enclencher.

L’idéal du moi demeurera toujours un idéal insaisissable. Cette réalité interne fait partie de notre construction psychique. C’est une belle image inspirante de soi, mais ce n’est pas par ce chemin que nous pourrons accéder à la sainteté.

Car « Ma puissance donne toute sa mesure dans la faiblesse ». Notre perfection, notre sainteté se tisse avec la laine de notre pauvreté. Pauvreté habitée, pauvreté progressivement corrigée dès lors que le péché s’en mêle, pauvreté toujours plus profonde, belle et désarmante à mesure que l’ego s’érode.

Pauvreté qui n’exclut pas l’excellence dans tel ou tel domaine, car il s’agit aussi d’essayer de faire de son mieux, mais pauvreté au cœur même du talent, quant à ce qu’il peut en advenir, en résulter.

Pauvreté de la transparence et de la vérité de soi devant Son Seigneur, pauvreté de qui se sait radicalement petit et infirme dans bien des domaines, pauvreté bénie car accueillante, accessible, simple, et naturelle face à ce frère qu’est l’autre.

Pauvreté de tout, des pensées, paroles, émotions, agirs et sentiments.

Accepter sa pauvreté, c’est accepter de se voir limité, et même très limité, ces limites contrecarrant par moment tout ce que voudrions ressentir, dire, faire, penser. Je ne fais pas le bien que je voudrais, mais je commets le mal que je ne voudrais pas.

C’est au cœur de cette déficience incompressible, que le Seigneur peut réellement œuvrer à notre transformation, car ici, il n’y a que Lui qui puisse changer les choses, et c’est ici que nous pouvons crier vers Lui et espérer avec force sa grâce. C’est ici que nous vivons « en live » le mystère de la foi.

Seul le Christ peut nous sauver, jusqu’aux fibres les plus intimes de notre âme.

Aussi embrassons avec joie cette pauvreté, gardons solidement notre main dans celle de Jésus, et cherchons, autant que nous le pouvons, à lui offrir et lui confier tous ces infimes petits fils de la trame de nos jours, humble matrice de notre sainteté en marche. Voilà notre espérance, voilà notre paradoxale grandeur.

***

Nous sommes ici loin, très loin de l’homme parfait que l’on veut nous vendre et qui est déjà disponible à la vente. Petit homme dont la composition peut se programmer sur catalogue, via les sites marchands des banques mondiales de gamètes, avec un berceau pour figurer le panier d’achat. Je frémis d’horreur en écrivant ces lignes, mais tout est déjà réel, et en train de s’instaurer sous nos yeux. Mobilisons-nous dans la prière et dans l’action.

Bonne fête de la Toussaint à chacun de vous !

 

 

 

Les âmes de nos disparus sont dans ta main Seigneur,

Sur cette terre, ils ont connu le bonheur, la joie,

la douleur, la peine et l’épreuve.

Aujourd’hui, ils reposent dans ta paix.

Certains sont déjà entrés dans ta gloire,

Ils ont été purifiés comme l’or au creuset.

Ta lumière resplendit sur eux, 

et la sève de ton propre amour 

irradie leur âme innocente.

D’autres sont encore en chemin vers toi,

ils se laissent émonder

dans l’attente éblouie du jour de ta visite 

où Tu les conduiras en Paradis.

 

Seigneur, éclaire le coeur de tes enfants

qui cheminent ici-bas sans espérance.

Donne-leur d’ouvrir les yeux

sur les réalités du Royaume que Tu nous prépares.

Illumine leurs profondeurs,

délivre-les de toute angoisse face à la mort.

Accorde-leur la confiance paisible

de retrouver, un jour,

dans la douceur de ton Amour,

ceux qui ont tant compté pour eux.

 

*

Un petit mot sur le mystère du purgatoire :

Lorsque notre vie prend fin sur cette terre, nous mourons comme nous sommes.

Bien que la voie de la sainteté soit réellement possible pour chacun de nous, nous savons bien combien ce chemin est difficile. C’est un vrai projet de vie qui nécessite déjà d’en avoir le désir ici-bas, la volonté de s’attacher très intimement au Christ pauvre, et la disposition de coeur de se laisser radicalement purifier. « On ne peut entrer au Ciel si on n’amène pas le Ciel avec soi » (Adrienne Von Speyr).

Le Paradis, c’est la communion avec Dieu et avec tous les saints du Ciel. Dans cette communion d’amour, nulle âme ne pourrait, un seul instant, être tentée de se regarder elle-même, ou de se mesurer aux autres. Ce ne serait plus le Paradis ! Ici, chacun est pur, de la pureté même du Christ. Ici, tout n’est que don et re-don, tout n’est que partage et joie d’aimer en Dieu. Tout n’est que pur amour, et circulation d’amour.

Autrement dit, nous ne pourrons rejoindre notre Seigneur et nos frères entrés dans la gloire, qu’en étant devenus, chacun, un autre Christ, avec notre nature de créature, et les traits de notre personnalité propre. L’amour en nous doit atteindre l’absolue perfection, dans un dessaisissement total de nous-mêmes. Et cette humble perfection ne peut pas être approximative. L’amour sanctifiant de l’Esprit Saint a mission de tout embraser, tout consumer en nous, jusqu’à la refonte parfaite de notre être. Une âme défunte comprenant qu’il reste encore en elle une infime attache, ne voudrait pour rien au monde accéder au Ciel ! Le purgatoire est donc cet état de purification où tout notre être passe du moi à l’Amour de Dieu et à l’amour des autres.

Gardons nos défunts dans notre prière, aidons-les par notre intercession, et soutenons aussi les âmes que nous ne connaissons pas, ou celles dont nous pouvons penser qu’elles ont besoin d’aide.

Et en cette solennité où nous fêtons l’immense foule de saints anonymes, confions-nous à la force de leur prière. A tous et à chacun, une bonne fête de la Toussaint !

 

Pour aller plus loin sur ce sujet de la vie après la mort, il y a cet article-ci sur ce même blog : Le Royaume des Cieux et la vie du monde à venir

 

 

 

Quand mes jeunes neveux sont là, le rythme de mes journées est encore plus tourbillonnant que d’habitude. En l’occurence, écrire une petite méditation spirituelle pour la Toussaint devient une gageure très difficile.

Et tout compte fait, tant mieux puisque cela me permet de vous diriger vers un texte formidable : l’hommage rendu au commandant Caroline Aigle, première femme pilote de chasse qui a rejoint le Ciel – ce firmament qu’elle aimait tant – il y a 10 ans, en 2007.

En ce début de novembre dédié à la commémoration de nos défunts, cet hommage, lu lors de la messe d’A-Dieu de Caroline nous offre un saisissant témoignage d’espérance : Revue de l’Ecole Polytechnique

Et qu’est belle, et même bouleversante, la foi de ces valeureux militaires qui s’adressent à elle comme à une vivante, comme si cette jeune pilote se tenait debout devant eux et leur souriait. Quel réconfort pour nous aussi ! Toute l’espérance chrétienne est contenue dans ce texte magnifique. 

 

 

Dans ma famille, nous sommes particulièrement sensibles au style aircraft. Mon frère, le papa de mes neveux, est un parachutiste et un pilote passionné. Du coup j’ai embarqué mes jeunes designers sur un atelier de création et décoration d’avions en papier.

Le principe est tout simple et fonctionne très bien avec des garçons, mais les filles pourront également participer avec plaisir, d’autant que l’aspect décoratif est très présent dans cet atelier, et que le mobile exige de manier l’aiguille. J’écris cela car, ici, la création des avions n’a remporté aucun suffrage auprès des filles, mais la déco, oui, et le mobile n’aurait assurément pas cette esthétique sans elles. 

Ces pliages ont été réalisés par notre petit collégien et son grand-père à partir de ce site : Comment construire un super avion en papier. La plupart des fiches explicatives sont beaucoup trop difficiles pour un enfant en classe primaire mais notre petit écolier, le plus jeune de mes neveux, a pu facilement reproduire un modèle déjà créé par son grand frère.

N’hésitez pas à les confectionner avec de jolis papiers de couleurs différentes, mais impérativement très souples et très fins, type papier machine 80 g, et même plus fin si vous en trouvez. Oubliez le Canson épais. Certains avions demandent jusqu’à 8 épaisseurs de pliage.

Pendant que mes constructeurs s’attelaient à la tâche, j’ai crée de mon côté de tas de petites étoiles et cocardes en vue du design décoratif des avions. S’il existe des petites perforeuses à étoiles et cercles de différentes tailles pour vous faciliter la tache, des ciseaux et un peu de patience feront bien sûr très bien l’affaire. Les lignes ont été réalisée avec du washi tape coloré et même pailleté.

Pour créer ce mobile, nous avons passé préalablement 3 fils transparents (au moyen d’une aiguille), à différents endroits de chaque avion. C’est un long et minutieux travail. Les mamans pourront intervenir ici pour apporter leur précieuse aide. Certains fils ont été choisis rouge fluorescents à titre de démonstration.

Puis nous avons accroché très simplement l’extrémité de ces fils sur deux branches croisées et fixées au plafond au moyen de cordes fines, mais toutes les variantes sont possibles (cerceau, carré…). Il existe de nombreux tutoriels sur Youtube pour construire des mobiles.

 

Les enfants ont été bluffés par le tracé aérien ce leurs avions en papier. Certains font des loopings assez incroyables quand on les lance. Si vous avez à la maison de jeunes garçons à occuper, je vous recommande vraiment d’expérimenter cet atelier, d’autant qu’un avion en papier ne peut pas briser de vases ou autres dans un salon…

Les décorations n’empêchent aucunement les avions de voler, mais si les enfants souhaitent avant tout jouer avec leurs avions, la légèreté prime, et pour cela, il leur suffira simplement de les faire dessiner sur leurs oeuvres, avec une mise en couleur aux feutres.

 

*

 

Caroline AIGLE, pilote EC 2/2

 

 

 

 

 

 

Atteinte d’un cancer foudroyant, alors qu’elle attendait son second fils, Caroline Aigle a témoigné d’une admirable abnégation pour tenir le plus longtemps possible dans sa grossesse jusqu’à ce que son enfant à naître soit viable, sans recourir à des soins qui aurait pu lui être nuisibles. Béni sois-tu Seigneur pour la vie héroïque et le témoignage éblouissants, si lumineux et généreux de Caroline ! Une petite vidéo d’elle ici : Commandant Caroline Aigle 

Sainte fête de Toussaint et bon mois de Novembre !

 

immortelles-ecce-amor

 

Si personne n’a jamais vu Dieu, c’est son Fils, le Christ mort et ressuscité par amour pour nous, et l’immense foule de ceux qui sont avec Lui, unis à Lui, qui nous le révèlent.
Dans l’éternité bienheureuse, au coeur de la communion des saints, chacun est paré de ses propres qualités personnelles, formant une unité de beauté, telles les couleurs de l’arc en ciel. Et tous ensemble reflètent, dans la lumière, une seule icône de gloire : Jésus Christ.
Les saints sont le trésor de l’Eglise, et nos louanges à leur gloire font de cette liturgie de Toussaint une fête profondément joyeuse. « En ta présence, la joie est sans mesure, à ta droite, le bonheur ne finit pas », dit une antienne de ce jour. C’est en réalité la Commémoration de tous les fidèles défunts, que nous célébrons le 2 novembre, qui confère à la Toussaint son caractère de gravité. Nous prions pour tous ceux qui, sans être encore pleinement unis à Dieu, se laissent purifier comme l’or au creuset et pèlerinent vers le Paradis.

Je vous livre à cette occasion la méditation du Père Sertillanges, qui traduit de façon très juste, en peu de mots, à travers la belle image de la maison familiale, toute l’espérance chrétienne. N’hésitez pas à donner ce petit texte aux personnes de votre entourage qui ont perdu un être cher, cette prière apaise et fait beaucoup de bien.

Par la mort, la famille ne se détruit pas, elle se transforme

Par la mort, la famille ne se détruit pas, elle se transforme, une part d’elle va dans l’invisible.
On croit que la mort est une absence, quand elle est une présence discrète.
On croit qu’elle crée une infinie distance, alors qu’elle supprime toute distance,
en ramenant à l’esprit ce qui se localisait dans la chair.
Que de liens, elle renoue, que de barrières elle brise, que de murs elle fait crouler, que de brouillard elle dissipe,
si nous le voulons bien.
Vivre, c’est souvent se quitter ;
Mourir, c’est se rejoindre.
Ce n’est pas un paradoxe de l’affirmer.
Pour ceux qui sont allés au fond de l’amour : la mort est une consécration non un châtiment.
Au fond, personne ne meurt, puisqu’on ne sort pas de Dieu.
Celui qui a paru s’arrêter brusquement sur sa route, écrivain de sa vie, a seulement tourné la page.
Plus il y a d’êtres qui ont quitté le foyer, plus les survivants ont d’attaches célestes.
Le ciel n’est plus alors uniquement peuplé d’anges, de saints connus ou inconnus et du Dieu mystérieux. Il devient familier, c’est la maison de famille, la maison en son étage supérieur, si je puis dire et du haut en bas, le souvenir, les secours, les appels se répondent.

Père Antonin Sertillanges (1863-1948)

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Seigneur, accueille nos frères qui sont morts :
qu’ils partagent le sort des saints dans la lumière.
Prière des Vêpres – Textes liturgiques AELF

Bonne fête de Toussaint et à très bientôt. Je vous retrouve dans quelques jours avec un tout nouvel article.